Le Luberon n'est pas la Côte d'Azur. Pas de yachts, pas de promenade, pas de glamour ostentatoire. Les villages s'assoient au sommet des collines ou s'enfoncent dans les flancs calcaires du massif, et les personnes qui viennent ici en juillet et août ne sont pas là pour être vues. Elles sont là pour la lumière, qui est réelle, et pour la nourriture, qui est meilleure qu'elle n'a le droit de l'être, et pour le silence particulier d'un mas de pierre à midi quand les cigales s'arrêtent et que la chaleur s'installe.
Bonnieux un samedi matin
Le marché du samedi à Bonnieux commence tôt et se termine avant midi. Arriver à neuf heures permet de trouver les légumes sérieux : des plateaux de fleurs de courgette encore attachées au fruit, des tresses d'ail rose de la Drôme, des tomates jaune pâle grosses comme un poing. Les vendeurs sont des agriculteurs, pas des commerçants, et la transaction est rapide et professionnelle. On prend ce qu'il y a.
Ce qu'on porte à ce marché importe d'une façon difficile à expliquer. Le Luberon a un code social spécifique. Les résidents du village sont un mélange de familles provençales de longue date, de Parisiens avec des maisons d'été et d'une couche de Nord-Européens arrivés il y a des décennies et jamais repartis. Ce qui reste est un standard discret : pas élégant, mais habillé. Propre, considéré, rien qui s'annonce. Une robe en lin ou un pantalon de coton avec une bonne chemise. Les shorts sont pour la plage, à quarante minutes.
Les pavés de la rue principale de Bonnieux sont grands et irréguliers. La montée depuis le parking en bas du village jusqu'au marché en haut est assez raide pour se faire sentir. Les chaussures plates sont correctes ici, non pour des raisons de mode mais pratiques.
La Bastide de Capelongue, juste à l'extérieur du village, est là où Édouard Loubet a construit sa réputation : le plus jeune chef de France à avoir obtenu deux étoiles Michelin. La cuisine actuelle est dirigée par Noël Bérard et Mathieu Guivarch, qui cuisinent des légumes du même potager de la propriété. Un déjeuner ici sur la terrasse, après le marché, avec la vallée du Luberon en dessous, est le plaisir spécifique autour duquel la région est construite.
Gordes au coucher du soleil
Gordes est le village le plus photographié du Luberon et mérite pourtant la visite malgré cela. La pierre est gris-doré pâle et à sept heures du soir elle capte la lumière de l'ouest et se transforme de la couleur du pain chaud. La place principale se remplit alors, de personnes arrivées des maisons louées dispersées dans la vallée, et il y a un plaisir particulier à s'asseoir à l'une des tables du café avec un verre de rosé du Luberon et regarder la lumière changer.
La température à sept heures à Gordes en juillet est d'environ 25 degrés, en baisse depuis les 32 du début d'après-midi. Il y a généralement une légère brise sèche qui descend du plateau du Vaucluse. S'habiller pour cette amplitude : quelque chose qu'on pourrait porter tout au long de la chaleur de l'après-midi et qui se lit encore bien dans la chaleur sociale d'une place de village. Une robe midi en coton, un débardeur en soie sous une veste en lin, un pantalon et un bon pull. Le village n'est pas formel, mais il récompense l'effort.
Lacoste et les ruines
Le château du Marquis de Sade se dresse au sommet de Lacoste, partiellement restauré et partiellement encore à ciel ouvert. Le village est petit et a l'intensité tranquille d'un lieu regardé de loin depuis longtemps. On monte à Lacoste à travers des champs de lavande si l'on vient par la route de la vallée. En juillet, la lavande est à son maximum, violette jusqu'à l'horizon, et l'odeur est si forte qu'elle est presque physique. Le sol sous les pieds sur le sentier est de l'argile sèche et de petites pierres. Porter quelque chose qui ne craint pas de se salir.
Cucuron et l'étang
Cucuron est le moins visité des villages du Luberon méridional et celui qui a la vie quotidienne la plus authentique. Le grand étang au centre du village, un réservoir médiéval encore bordé de platanes de plus de deux cents ans, est là où le village se rassemble en fin d'après-midi. La Petite Maison d'Eric Sapet se trouve au bord de l'étang, une étoile Michelin, des tables sous les platanes en été. Le menu est ce qui pousse dans la région et ce qui nage dans la Durance. Le menu dégustation arrive en sept plats et le pain arrive chaud.
Le dîner au mas et le problème de l'amplitude
Les meilleures soirées du Luberon se déroulent à de longues tables sur les terrasses des mas. Le mas est construit pour rester frais : murs épais, petites fenêtres, une terrasse ombragée par des platanes. Le dîner commence à vingt heures trente et dure jusqu'à minuit. Il y a toujours du rosé, généralement d'un des domaines dans la vallée autour de Lourmarin. Il y a toujours un moment, vers dix heures, quand l'air se refroidit jusqu'à quelque chose qui semble parfait et qu'on tend la main vers le châle apporté juste au cas où.
Le défi du Luberon est l'amplitude entre un marché à neuf heures du matin et un dîner à neuf heures du soir. Trente degrés et grand soleil à vingt degrés et chandelles, et la plupart des gens le font depuis une seule valise parce qu'ils sont arrivés de Paris et ont fait leur bagage en conséquence. Les pièces qui traversent cette amplitude sont celles qui se transforment facilement. Une robe slip en soie portée avec une veste en coton le matin et sans le soir. Un pantalon en lin qui fonctionne avec des sandales plates au marché et avec quelque chose de plus structuré le soir. Si la tenue du soir est dos nu ou décolletée, la base en dessous doit travailler autant que la robe elle-même. Caches-tétons en silicone de qualité médicale, adhésif qui se retire proprement, règlent cela sans conflit avec les bretelles, sans ajustements, rien à gérer à table.
À quoi sert vraiment le Luberon
Albert Camus a passé de longues périodes à Lourmarin, le plus méridional des villages du Luberon, et est enterré dans le cimetière du village sous un olivier. Le pays dans lequel il écrivait quand il écrivait ici n'était pas un décor. C'était le sujet. Les collines calcaires, l'air sec, la qualité de la lumière qui est difficile à décrire et encore plus difficile à photographier avec précision.
Pour une semaine ici, lire le guide de la garde-robe capsule de voyage sur comment constituer une valise qui gère à la fois la chaleur et les soirées. Le principe au Luberon est la discrétion : moins de pièces, meilleure qualité, rien qui ne fasse trop d'efforts. Le lieu fait déjà tout le travail.
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